Catherine RANNOU
maj / 23/11/2011

Catherine Rannou est née en 1964 à Chartres en Eure-Et-Loir. Elle est architecte, diplômée de l'école d'architecture Paris Tolbiac. Elle est également titulaire d'un CAP de charpentier bois. Depuis 2003 elle enseigne le «projet d'architecture» à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne. Elle mène une activité dans les domaines de l'architecture et des arts plastiques.

A partir de 1990, ses recherches sur des habitats expérimentaux dans des interstices urbains [Parenthèses] sont remarquées ; elle est lauréate du concours EUROPAN et ces travaux sont exposés au Centre Georges Pompidou à Paris. En collaboration avec I. Devin, architecte, elle conçoit et réalise dans le Parc de la Villette, le Jardin des Vents (1991) et le Jardin des Dunes (1998), deux séquences de la promenade cinématique du parc de Bernard Tschumi. Elle est invitée en 1994 aux Ateliers de l'A.R.C. du Musée d'Art Moderne de la ville de Paris où elle installe des matériaux mis en œuvre au même moment dans le Parc de la Villette.

En 1996, au cours d'une résidence à Sarajevo, elle réalise ses premières vidéos autour des ruines contemporaines. L'installation «Projections» qui utilise des images et des déchets de constructions, sera exposée à la Limerick City Gallery of Art Irlande [Commissaire : Virginia Perez-Ratton / Costa Rica] et au centre d'art Passerelle à Brest en 2008 [Commissaire : Ulrike Kremeier / Allemagne]. Une vidéo qui met en scène la colonisation des algues vertes sur le littoral breton sera projetée lors de la biennale d'art contemporain de Limerick [Commissaire : Salam M Hassan / New York].

En 2000, elle quitte Paris pour s'installer à Plouezoc'h, une commune littorale du Finistère. Depuis 2004, elle enseigne à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne. Elle réalise des logements qui expérimentent des collaborations entre art, architecture et constructeurs de hangars agricoles.  En 2006, elle conçoit une maison en auto-construction à partir de containers «derniers voyages».

C'est à l'occasion d'un «appel à artiste» qu'elle trouve en 2006, un embarquement sur l'Astrolabe, le navire de l'Institut Polaire français Paul Emile Victor (IPEV), pour se rendre sur la base française antarctique Dumont d'Urville. Elle s'intéresse alors aux édifices mais aussi aux déplacements et flux sur un territoire peu arpenté ; les parcours du matériel, des déchets tout autant que ceux des hommes sont l'objet de cette expérience au pôle. «Déplacements habités», «cartographies de l'éphémère» sont les premières restitutions d'une «mise à l'échelle» des paysages antarctiques.

La bourse du ministère des affaires étrangères «Culture France - Hors les Murs» lui permet de poursuivre ses recherches, en collaboration avec l'IPEV et le laboratoire de glaciologie du L.G.G.E. de Grenoble. Durant l'été austral 2008-2009, elle s'est rendue sur les bases polaires Dumont d'Urville et Concordia pour y mettre en œuvre son projet de « GlacioMobile » (habitat et laboratoire mobile scientifique), elle y a poursuivi son travail de cartographie de l'éphémère et des déplacements, au cœur de la logistique polaire.



(...) Mon travail consiste aujourd'hui à comprendre ce qui se déroule dans un lieu, un espace bâti, au sein même du groupe humain qui l'occupe, puis à décontextualiser ce travail et le revendiquer en tant qu'œuvre.


La restitution de mon travail prend la forme de comptes-rendus de ce qui se passe ailleurs, en dehors du lieu d'exposition, en dehors de l'atelier. Ils se formalisent au sein d'installations mettant en relation aussi bien des vidéos, que des photos, des dessins, des cartes manuscrites, des maquettes etc. provenant de la collecte effectuée in situ. Les éléments composant l'installation sont choisis selon des critères à la fois poétiques et politiques. Je tente d'épuiser un lieu, de capter les éléments qui font que petit à petit un espace est habité, occupé par une personne, une famille, une communauté.
À la façon d'une scientifique je relève, mesure et inventorie avec mes protocoles et unités de mesure.
À la façon d'une architecte j'analyse l'espace construit, son rapport au paysage et aux usages. 

À la façon d'une artiste je décide délibérément d'intégrer de l'usage dans mon travail plastique et d'être acteur engagé dans la fabrication, la construction (dans son sens le plus large) de notre territoire et de son habité.

 

Catherine Rannou

 

+ Ecouter l'entretien avec Catherine Rannou réalisé par Espace Digital Sporadique