Julie C. FORTIER
maj / 03/05/2012

Les premières œuvres de Julie C. Fortier s'inscrivaient dans le genre de la performance filmée. L'évolution de son travail l'a amenée graduellement à ne plus y figurer pour produire des formes substitutives qui laissent une large place à la vacuité, au vide et à l'absence.
Souvent le fruit du hasard, les sujets de ses vidéos, de ses sculptures et de ses photographies sont trouvés au gré de ses propres déplacements en voiture, en train, à pieds. Ils sont pour la plupart liés à son territoire géographique d'origine (les Cantons de l'Est au Québec) et à ses souvenirs. Le plus souvent ce sont des objets aperçus depuis la route : une maison en déménagement (Sunset, 2009), un panneau routier indiquant l'avenir (L'Avenir, 2007), un écran de drive-in (Cinéparc, 2006), une enseigne de motel (Vacant/Non Vacant, 2005). Non narratives et cadrées en plan fixe, ses vidéos explorent l'immobilité et les possibilités de suspension du temps. En recherchant constamment des détails insolites dans des cadres qui lui ont toujours paru banals, elle semble faire apparaître une sorte d'illusion dans la réalité sans avoir recours à un quelque artifice que ce soit.
Ses photographies inversent quant à elles la confrontation entre fixité et mouvement. L'image photographique figée donne à voir l'effet du temps ou du mouvement sur les choses.
Ses sculptures et installations partagent avec son travail d'image une même interrogation sur le vide et le passage du temps. Entre vision arrêtée d'un souvenir et univers reconstruit, elles sont des images rematérialisées qui attendent dans l'espace d'exposition une chute narrative qui n'arrive jamais. À l'image de ses vidéos, leur caractère suspendu joue sur l'attente et le désir pour renvoyer le plus souvent à une vacuité mélancolique.