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Sans titre, 1998 22 cuves en béton, 200 x 90 x 50 cm chaque, échelles en fer, 720m² Photo : DR |
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On ne regarde pas le travail de Jean-Marc NICOLAS, on le parcourt, on l'expérimente, on s'y perdrait peut-être. L'orchestration des éléments qui le constituent, la diversité des dimensions formelles et interprétatives qui assurent son fonctionnement rendraient toute tentative d'appréhension globale imparfaite parce qu'incomplète. En effet, sous l'apparence massive et statique des pièces proposées, c'est au mouvement, à l'expérience dynamique que l'artiste nous convie pour que nous nous confrontions à notre vide ontologique, à l'absurde inhérent à notre condition, au questionnement singulier que chacun porte en soi. Le tunnel exposé au centre d'art passerelle à Brest en 1997, par delà son inscription dans un lieu défini, intimait au visiteur l'expérience du passage. Le volume monumental sous le "Puits de lumière" au Triangle à Rennes en 1992 requerrait qu'il se déplace pour recomposer la pièce par la somme de visions fragmentaires. Avec l'installation que nous découvrons aujourd'hui, Jean-Marc NICOLAS reprend ces thèmes récurrents et y ajoute de nouvelles variations. Par la mise en place d'une vingtaine de cuves en ciment composant par des superpositions variables, des modules différents, il construit un espace suffisamment vaste pour que le visiteur s'y promène et expérimente chacun des éléments qui le constituent, de l'extérieur et de l'intérieur, et chacun des points de vue qui se donnent à voir. Des échelles relient certains de ces modules entre eux, d'autres permettent d'y accéder, d'autres semblent en proportion démesurément grandes et superflues. Cet assemblage d'éléments à la fois différents dans leur disposition et proches par leur composition pourrait évoquer un complexe d'habitation, n'étaient leurs dimensions tout juste capables de contenir un homme, et les contraintes qu'elles impliquent. Simple et déconcertante, composite et lourde de tant d'absence, cette installation interroge notre perception, nous pousse à une investigation physique et mentale des choses et des lieux et nous renvoie à nous-mêmes pour y saisir notre place. Mais comme dans un jeu de piste, Jean-Marc NICOLAS multiplie les fléchages et nous assiste dans notre entreprise. Il nous rappelle notamment ces valeurs à la fois opposées et complémentaires que sont l'horizontalité lourde et structurée et la verticalité suggestive et légère, la clôture et l'ouverture, le matériau brut et commun et le vide inquiétant, la déambulation et l'appel du réceptacle. Comme dans un site antique, je me promène et me regarde, je louvoie et me fourvoie dans mon humaine dimension.
F. Neuville |
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Passage, 1993 Béton, 192 x 200 x 50 cm Hall d'accueil du Triangle, Rennes Photo : DR
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Puits de lumière, 1993 Bois, chaux, 290 x 160 x 220 cm Hall d'accueil du Triangle, Rennes Photo : Alain Roux / Le Triangle, Rennes |
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Sans titre, 1996 Bois, tôle ondulée galvanisée, 160 x 180 x 120 cm, échelle fer 500 x 40 cm Exposition Collective Local Heros, la Criée, centre d'art, Rennes Photo : DR |
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Sans titre, 1997 Bois, tôle goudronée, 100 x 90 x 200 cm, échelle fer 500 x 40 cm Centre d'art passerelle, Brest Photo : DR |
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