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Action : Le souffleur de vers. (Appel à la population)
Toute notre vie, nous côtoyons, nous fréquentons,
successivement, divers univers. Ce sont les mondes du travail, de la famille,
des loisirs, de la religion, etc.
Aujourd'hui, je vous propose de fréquenter celui de l'art.
L'art est un mot à tiroirs où des mouvements inter réactifs
se sont succédés. Le symbolisme, le fauvisme, le surréalisme, une dizaine de
noms se terminant en « isme » participent à l'histoire de l'art du
20éme siècle.
Les mouvements mettant
l'image en avant retiennent vraiment mon attention.
On dit sage comme une image, mais l'arrogance et le mordant
peuvent aussi les habiter.
L'oiseau présenté ici est une image, un concentré de nature
jouant l'ambassadeur. Objet de méditation, il se conduit en alchimiste. Il ne
transforme pas le plomb en or mais l'air en chanson. Il adore les refrains où la poésie surgit. Un peu de
poésie dans ce monde terni
pense-t-il ? Grands voyageurs célestes, squatteurs d'arbres, par leurs
chants ils prennent la parole, leurs mélodies d'amour dévorent le frein du
quotidien. Certains fréquentent la ville, d'autres les jardins, la forêt ou la
mer. Leurs ailes dessinent dans les airs des accents circonflexes, ils peignent
l'espace à leur manière par petites touches.
Alors que l'on parle du divorce de l'homme et de la nature,
loin des romances apocalyptiques, il pousse son petit couplet en toute lucidité
nous invitant à l'accompagner histoire d'avoir du coffre. Exaltons
l'atmosphère, ce coffre - fort aux courants d'air ne doit pas virer en
poudrière.
Dans la notion de poésie, il ne s'agit pas de proclamer des
poèmes, mais tout simplement d'admirer les paysages sans algues vertes ou les
arbres debout loin des cyclones bercés par les abeilles.
L'oiseau est un trait d'union entre la terre et le ciel. Il
nous fait décoller vers le rêve, avec lui nous touchons les nuages.
Touchons les nuages, sans oublier l'acte citoyen, la nature
entre les mains.
Cet objet baptisé « Souffleur de vers » est
un poumon, une bouffée d'oxygène.
Il est bien connu que l'abus d'oxygène mène à l'euphorie.
Au-delà du sourire qu'il engendre, que ces photos témoignent
de votre souci d'une nature authentique trop souvent asticotée à rebrousse
poils, déplumée à la sauvette.
Tout comme l'oiseau, l'arbre est un lien entre la terre et
le ciel.
Par ses racines tentaculaires, il pénètre le mystère des
profondeurs, par ses branches, il embrasse le cosmos. Source de vie, symbole
d'éternité, l'humanité le vénère. Sa capacité à renaître au fil des saisons, sa
force protectrice et nourricière en font l'incarnation par excellence du sacré.
En plaçant l'arbre, « Hommage aux poissons
pierres » dans l'église, le mur d'enceinte aux maquereaux déroule sa
farandole. Tous ces poissons dansent de concert, ils nous rappellent que la vie
a d'abord habité la mer avant d'envahir la terre. Nous sommes des poissons sur
pattes, avides, toujours prêt à abuser de pommes.
Les arbres de Jesse s'accrochent aux tympans et aux
chapiteaux, celui ci par filiation les salut. J-Y.B.
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