 |
Sans titre, 1997 Bois, tôle goudronée, 100 x 90 x 200 cm, échelle fer, 500 x 40 cm Centre d'art passerelle, Brest Photo : DR
|
 |
Mur, 1997 Médium, échelons métaliques, 206 x 40 x 300 cm Centre d'art passerelle, Brest Photo : DR
|
 |
Sans titre, 1997 Pin, 5 modules superposés 210 x 60 x 60 cm chaque Centre d'art passerelle, Brest Photo : DR
|
 |
Tunnel, 1997 Médium, 1600 x 120 x 90 cm, pièce aveugle plafond bleu Centre d'art passerelle, Brest Photo : DR
|
|
On pourrait dire que les sculptures de JM Nicolas constituent des obstacles que le visiteur choisira de contourner ou d'expérimenter. Obstacles non agressifs cependant et qui proposent même pour mieux les définir, les comprendre, des indices, une manière de les appréhender. Bien que bruts, les matériaux utilisés ne sont jamais froids, il en émane au contraire une certaine douceur invitant au contact. Les dimensions quant à elles sont définies de façon à ce que l'on ne se sente jamais écrasé voire repoussé par les volumes en présence. (L'homme est l'unité de mesure de ces constructions). En outre, par le jeu grahique étudié alliant des successions de mêmes éléments (barreaux, échelons, pilotis) avec un rythme linéaire (juxtapositions de planches, tôles ondulées, échelles) JM Nicolas confère à chaque pièce une dynamique différente. Il en résulte que le visiteur, appelé à grimper, explorer, reposer, prend leur mesure en les pratiquant à la fois physiquement et mentalement et découvre leur sens dans les limites qu'elles contiennent. Enfin, ces sculptures ont été réalisées ou choisies de façon à s'intégrer parfaitement dans les espaces qui les accueillent. Le dialogue des constructions et des lieux dans lesquels elles s'intègrent permettra une approche plus naturelle et une compréhension plus intime voire plus complexe. En effet, quelles constatations fera t-on? Le tunnel ne traverse ni ne rejoint quoi que ce soit, le ponton ne conduit qu'à un igloo impénétrable, les échelons ne permettent pas à l'évidence de faire le mur. L'invitation à l'expérience serait alors du domaine de l'absurde, ne convierait le visiteur qu'au risque inutile, à l'effort non récompensé, à la frustration. Cette situation s'avère alors une métaphore de la condition de l'homme encouragé à grandir et à s'illusionner d'un toujours mieux, finalement contraint de rester au pied des choses, à leurs limites, dubitatif quant à leurs sens respectifs.
Texte de présentation de l'exposition au Centre d'art Passerelle, Brest, 1997 F Neuville et J-M Nicolas |
| Retour à la page précédente |
|
|