Move It Piano, 2009 Film 16mm, projecteur boucleur, eau-forte et aquatinte sur zinc, led rvb, plaque 15 x 20 cm, avec la participation du Fresnoy, studio national des arts contemporains et de la DRAC Bretagne. Courtesy galerieACDC.
Vues de l'exposition Les Combinaisons Noires à la galerieACDC, Bordeaux, 2009.
Venus in surf
Dans sa série documentaire sur l'histoire du cinéma américain, Martin Scorcese définit une catégorie de cinéastes comme des «contrebandiers». Sous le couvert de genres très codifiés – film noir, western... ces réalisateurs de séries B développaient des thématiques et des styles à contre courant du mainstream. Le temps du code Hayes est bien loin, mais je me plais à voir en Antoine Dorotte un avatar moderne de ces contrebandiers, qui subvertirait les poncifs immédiatement identifiables du cinéma, de la bande dessinée, de la gravure surtout, et, à travers elle, de toute une histoire de l'art occidental. Ce processus de détournement/réanimation de formes bien établies, qui pourrait apparaître comme une constante de son travail, l'avait déjà amené à opérer, image par image, une variation sur la rixe au couteau de West Side Story : ce furent les quelques deux cents plaques gravées de Sur un coup d'surin. Son nouvel opus remonte encore plus loin dans le temps : Move it piano réutilise et amplifie certains des paramètres du précédent dispositif, en passant des 50's hollywoodiennes au serial années 10 (ce stade pré-industriel du cinématographe qui semble s'accorder à sa façon quasi artisanale de travailler), et du support DVD à la pellicule – tout ça afin de faire jouer Musidora dans un surf movie. (...)