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Les Jardins de curé touchent le ciel
Au siècle dernier, chaque paroisse avait son curé, le jardin
allait de pair avec le presbytère.
Aujourd'hui, sauf exception, ces lieux vivent une autre vie, la pelouse qu'ils
détestaient les envahit. A vocation d'abord utilitaire, les légumes, les fleurs
et les plantes médicinales faisaient bon ménage. C'était donc un jardin pour se
nourrir, pour décorer l'église, pour se soigner au milieu duquel se trouvait un
puits ou un bassin qui attirait les oiseaux. Toujours clos, une vigne circulait
sur le mur d'enceinte produisant le vin de messe. Bien en évidence, une statue
de la vierge attendait les prières.
Le point d'eau aux oiseaux, entouré de fleurs apportait une
touche paradisiaque qui rapprochait de Dieu.
L'ambiance provenait d'une nature maîtrisée, capable de
fouillis si nécessaire. Dans cet espace de silence aux activités vitales, la
spiritualité planait d'autant plus que la religion sublimait l'atmosphère.
Même sous le contrôle de Dieu, la malédiction pouvait frapper. La barbe de Jupiter, le désespoir
du peintre, le buis composaient les bordures végétales tout en protégeant
de la foudre. Rameaux à bénir, le buis, symbole d'éternité, faisait partie des
incontournables.
Les fleurs à l'honneur, donnaient une odeur de tableaux
impressionnistes. Chaque fête religieuse a sa favorite du chrysanthème à la
Toussaint au lys blanc de l'Ascension.
Toutes ces gerbes allumaient un feu d'artifice. Les fleurs
stimulent l'œil, réchauffent le cœur,
elles nous regardent exaltant la pureté et l'amour.
En baptisant pieusement de nombreuses plantes, les hommes
d'église s'appliquèrent à évangéliser le jardin. L'angélique (la racine du Saint Esprit), le myosotis
(les yeux du Bon Dieu) ou la primevère (l'herbe
de st Pierre), quelques exemples parmi des dizaines.
Sur toutes les parties du corps de la vierge, une fleur se
penche. La dicentra (le cœur de Marie) le chardon Marie (le lait de Notre - Dame) le muguet (les larmes de Notre - Dame) etc. Les
fruitiers suivaient l'exemple, avec en tête : les poires « bon chrétien ».
A Saint - Briac, lors d'une marée exceptionnelle, quatre
maquereaux se sont accrochés au mur de l'église. Bonne pioche pour déguster les
groseilles dont ils raffolent.
Ce lieu enchanté, propice à la méditation donnait un avant-goût
du jardin d'Eden.
La même fée surveille le jardin d'Eden et le pays des
merveilles. Alors que la présence divine transforme la contemplation en rêve,
tout se joue à coup de baguette magique. J-Y.B.
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